Interview de Pierrette Wyss- Membre de Cap Recherche 2013-2025

A l’occasion de son départ en retraite, nous nous sommes entretenues avec Pierrette Wyss, membre de CAP Recherche de 2013 à 2025, pour l’interroger sur son parcours.

 

  1. Peux-tu nous résumer ton parcours professionnel en quelques lignes ?

Ma formation : un cursus universitaire en langue et civilisation hispanique et Français Langue Etrangère (FLE). Pas grand-chose à voir avec la suite me direz-vous…

Mon parcours professionnel : j’ai démarré au CNRS au service budget de l’INSU (Paris) puis très vite, j’ai été mutée à Bordeaux vers des postes en gestion administrative et financière au sein de plusieurs laboratoires de différentes disciplines et relevant de divers organismes de recherche (IRD, INRAE, CNRS). Cette expérience initiale en laboratoire a forgé ma sensibilité et mon appétence très forte envers la communauté “labos/recherche”. Par la suite, ce parcours initial a accompagné mes activités ultérieures en ingénierie de projet et a été un socle pour faciliter le dialogue avec les scientifiques porteurs de projets.

En 2010, je rejoins l’université de Bordeaux, initialement pour travailler sur l’expérimentation de la DGG – Délégation Globale de Gestion (et oui la fameuse DGG ne date pas d’hier… mais a pourtant bien du mal à se matérialiser). Très vite, “exit” la DGG …  et c’est l’activité de montage qui a été ensuite au cœur de mon activité au sein de la Direction de la Recherche et de la Valorisation jusque fin 2025, avec le plaisir ces dernières années d’encadrer et coordonner une sympathique et dynamique équipe de jeunes chargé.e.s de projets.

  1. Quand et pourquoi as-tu rejoint CAP Recherche ?

J’ai rejoint CAP ANR fin 2013. A l’époque le réseau s’appelait CAP ANR, avant de devenir CAP Recherche en 2022. Je débutais alors dans mes activités d’accompagnement au montage des projets ANR. C’est un directeur de laboratoire, membre du Comité des utilisateurs de l’ANR, qui m’a informée de l’existence du réseau métier CAP ANR. Ce comité d’utilisateurs avait été créé par l’ANR en 2011, dans une démarche d’amélioration de ses processus, tout au long du cycle de vie d’un projet, de la soumission à la clôture. Composé de membres nommés (coordinateurs de projets, responsables de laboratoires, d’organismes de recherche, gestionnaires), ce comité avait vocation à rendre compte des difficultés et à donner un avis sur l’efficacité des processus, tant sur les aspects scientifiques qu’administratifs.

J’ai retrouvé dans les archives web de l’ANR la photo (voir la photo), de mauvaise qualité, mais il est sympa d’y reconnaître Françoise Vernucci, pilote du réseau CAP ANR, qui a participé à ce Comité d’utilisateurs pendant ces toutes premières années de la genèse du réseau CAP ANR.

J’ai donc pris contact fin 2013 avec Françoise pour adhérer au réseau CAP ANR afin de bénéficier du forum (à l’époque, il s’agissait d’une liste de diffusion hébergée à l’INSA de Lyon et gérée par Françoise Marchand, déjà impliquée).

Pourquoi j’ai rejoint CAP Recherche : le réseau était à la fois une pépite permettant la diffusion d’informations et d’échanges de pratiques, de questionnement entre les cellules de montage et d’ingénierie de projets, avec aussi l’organisation d’évènements tels que l’avant-première de l’ANR Tour (aujourd’hui les Rendez-vous de l’ANR).

  1. Quelles ont été tes principales fonctions au sein de CAP Recherche ? Comment ton implication a-t-elle évolué avec le temps ?

J’ai toujours été très impliquée et active dans le réseau, mais sans “formellement” exercer de fonctions au sein de CAP Recherche, sauf à partir de 2023 où j’ai intégré le Bureau élargi. Dès lors, j’ai animé le forum ANR conjointement avec Jean-Alain Pocard, en répondant aux questions posées, et en collaborant à des échanges avec les services de l’ANR notamment sur les outils et portails de suivi et gestion, ou pour contribuer par exemple à des phases pilotes. On peut par exemple évoquer la mise en place de la dématérialisation du conventionnement des décisions attributives (procédure dématérialisée qui est venue se substituer au circuit des conventions originales qui transitaient par voie postale).

  1. Quelles sont les personnes qui t’ont marquée dans l’histoire de l’association ?

En tout premier lieu, et sans conteste, Françoise Vernucci, qui pour moi représentait “l’âme” de CAP Recherche et qui m’a accueillie dans le réseau.  Et aussi tous les anciens et anciennes du canal historique : Véronique Mérat à Lyon, Herrade Schibler à Nantes, Ewa Rakowska, Delphine Autran-Clavagnier, Jean-François Blanco et bien d’autres… et bien sûr, le disert Jean-Alain Pocard avec qui nous avons partagé l’animation du forum ANR, mais aussi des projets communs autour d’un de mes laboratoires de prédilection (EPOC Environnement-paléoenvironnement océaniques et continentaux) ; et plus récemment, Daniela Chiang et Mariama Cottrant avec leur engagement et dynamisme sans faille.

  1. Quels sont tes meilleurs souvenirs avec CAP Recherche ? Y a-t-il un évènement qui t’a particulièrement marquée ou une anecdote que tu aimerais partager ?

Toutes les rencontres, à l’occasion des AG et journées sont de bons souvenirs, y compris pour avoir pu les partager avec l’ensemble de mon équipe bordelaise. Des occasions précieuses de se réunir et de partager, en chair et en os, et non plus à travers d’un écran Zoom.

Une anecdote : réussir à débaucher-embaucher un collègue d’Herrade à Nantes pour l’intégrer à mon équipe à Bordeaux. Tout ça grâce à un déjeuner partagé lors d’une AG CAP Recherche à Paris ! Nous nous étions baptisés “l’arc atlantique” de CAP Recherche.

Et aussi quelques souvenirs plus tristes avec le décès du bordelais Jacques.

  1. Quel impact CAP Recherche a-t-il eu sur toi personnellement et/ou professionnellement ?

Professionnellement, le réseau m’a apporté du soutien, surtout en début de carrière, et m’a aidée à ne pas me sentir seule face à toute sorte de questionnements, d’autant plus qu’à l’époque, j’étais la seule en poste et ne pouvais compter que sur mes propres ressources, et non pas sur une transmission.  Puis tout au long des années, le réseau a constitué une ressource très riche d’informations pour mieux comprendre et surtout pour partager les problématiques communes et les bonnes pratiques et/ou astuces.

Sur le plan personnel, je retiens de très belles rencontres, et ce qui prime à mes yeux, cet état d’esprit solidaire, de partage et de bienveillance du réseau.

  1. Que conseillerais-tu aux nouveaux/ futurs membres de CAP Recherche ?

N’hésitez surtout pas à vous impliquer, soyez force de proposition, questionnez, contribuez, répondez, donnez vie au partage et à l’échange. Cela vous apportera autant que de recevoir.

  1. Quel(s) défi(s) vois-tu pour l’avenir de l’association ?

C’est un réseau de bénévoles, ce qui constitue à la fois l’ADN, l’originalité et la richesse de CAP Recherche mais aussi sa fragilité car le réseau repose sur un investissement personnel qui peut s’avérer lourd. Il est important que les membres ne soient pas des “consommateurs” mais que chacun contribue en fonction de ses possibilités pour faire vivre le réseau. Le réseau est aussi une formidable opportunité pour faire entendre notre voix auprès des financeurs, avec en premier lieu la reconnaissance de l’ANR. Mais je suis confiante car j’ai pu constater l’énergie et la créativité des nouveaux arrivants, notamment les membres du bureau élargi mais aussi plus largement.

  1. En un mot, comment résumerais-tu ton expérience au sein de CAP Recherche ?

Avec le recul et en regardant dans le rétroviseur de cette douzaine d’années d’implication dans le Réseau (2013-2025), une belle expérience professionnelle et personnelle. Le mot CAP n’est pas vain car le réseau a représenté un soutien permanent, une ouverture vers une large communauté, le maintien d’un CAP ou un phare pour guider la navigation, à l’image de ce magnifique monument de la Côte Aquitaine : https://www.phare-de-cordouan.fr/ !